Zinedine Zidane a parlé de son coup de tête. Vingt ans après. RMC Sport a publié la phrase le 1er octobre : « Mon coup de tête à Materrazzi ? Pas de regret mais pas fier ».
Je l’ai lue lundi à la friterie, recopiée dans la marge de mon hebdomadaire. Deux fois. Pour être sûr de l’ordre des mots.
Pas de regret. Mais pas fier. Il y a vingt ans, on aurait eu la même phrase en sortie de vestiaire, avec un micro devant et un sponsor derrière. Elle a simplement pris le temps d’arriver. Je ne critique pas. Je compare.
De mon temps, un joueur qui faisait une bêtise ne disait rien. Il rentrait. Il lisait le journal le lendemain comme tout le monde, et le journal disait ce qu’il fallait en penser. Aujourd’hui, la bêtise a une suite, une vidéo, et un intitulé. Celui-ci s’appelle « France-Italie ». Au moins, on sait de quel match on parle.
Notez que je ne suis pas contre la réflexion. Je suis contre la réflexion qui se termine comme une conférence de presse. Vingt ans, c’est assez pour trouver une phrase qui n’existe pas encore. Il a préféré celle qui existe déjà.
Le même site, la même semaine, parle de Belgique-France. Un but d’Olise, 0-1, la France en tête de son groupe de Ligue des Nations. Zidane y a raconté sa célébration. Je ne l’ai pas regardée. Je sais ce qu’il en dira dans vingt ans.
Marcel, il a dit pas fier. Pas fier, chez un Français, c’est historique. Je pèse mes mots.
En 1980, on levait le bras, et c’était déjà beaucoup. Le reste, on le gardait pour la retraite. Enfin. C’est l’époque.
Le fait est vrai, on a vérifié : RMC Sport.




