Alors, tactiquement, on reproche à Vitor Bruno de changer son onze de base tout le temps. C’est ce que dit la DH : jamais il n’avait été aussi critiqué depuis son arrivée à Anderlecht qu’après l’élimination en Croky Cup contre le Beerschot. Et les critiques visent surtout ça, les changements permanents.
J’ai lu ça le lundi, ma farde ouverte sur la table de la buvette, entre la jatte de café et le classement. Changer son onze chaque semaine. Moi aussi, je fais ça. La différence, c’est que moi, je ne choisis pas. Mon onze, c’est ceux qui sont là à trois heures moins le quart. Le dimanche où le gardien baptise sa fille, j’ai un nouveau gardien. Personne n’écrit d’article.
Lui, il a dit qu’il ne changerait pas de cap. Ça, je respecte. Un mister qui change de cap après une coupe, c’est un mister qui écoute la buvette, et la buvette veut toujours le 4-4-2. Elle a raison, d’ailleurs, mais ce n’est pas la question.
Il a dit aussi : « Ce n’est pas difficile d’aligner ma meilleure équipe ici à Bialystok. Je ne pense pas à Gand. C’est Bialystok qui compte, rien d’autre. » Ça, je le mets en place le mardi. Enfin, quand ils sont onze. Le match d’après, je n’y pense jamais non plus : je ne sais pas encore qui sera là.
Et il a dit sentir que ses joueurs, qui ont travaillé dur cette semaine, veulent montrer dès le coup d’envoi leur volonté de gagner pour inverser la tendance. Inverser la tendance, c’est un beau mot de coach. Je l’ai noté dans la farde, page des causeries.
J’ai lu le passage à notre délégué-fiction de la rédac.
Un onze qui change, de mon temps, c’était un club qui avait des blessés. Maintenant c’est un projet.
Il n’a pas tort sur le mot. Mais à un terrain plat près, hein, on fait le même métier. Dimanche, j’aligne ma meilleure équipe. Celle qui aura trouvé un covoiturage.
Le fait est vrai, on a vérifié : DH Les Sports+.




