Question bête, mais qui décide qu’une crise commence ? J’ai ouvert un nouvel onglet dans mon carnet, couleur mauve, pour être dans le ton.
Les faits d’abord. Anderlecht a été éliminé de la Croky Cup par le Beerschot. Selon la DH, Vitor Bruno n’avait jamais été aussi critiqué depuis son arrivée. Les critiques visent surtout ses changements permanents dans le onze de base. Et maintenant, le club se déplace en Pologne pour affronter Jagiellonia Białystok en Europe.
À la conférence de presse à Białystok, le défenseur Giulian Biancone s’est présenté aux côtés de son entraîneur. Il a dit : « Si vous voulez en faire une crise, allez-y. Pour nous, il n’y a absolument aucune crise. Nous soutenons le coach et ses principes. Et le fait que vous parlez de crise prouve la dimension de ce club. »
J’ai relu trois fois dans le train de 7 h 32. Si je comprends bien, la crise est une autorisation. Les journalistes peuvent en faire une, s’ils veulent, mais elle reste chez eux. Les joueurs n’en ont pas. Et plus on en parle, plus le club est grand. Donc une crise, c’est une mesure. Comme un mètre ruban, mais pour l’importance.
J’ai voulu savoir combien de mots il faut pour qu’un club devienne immense. J’ai vérifié, et en fait personne ne sait.
Vitor Bruno, lui, a dit qu’il ne changerait pas de cap. Il a aussi dit : « Je ne pense pas à Gand. C’est Bialystok qui compte, rien d’autre. » J’ai noté Gand dans la marge, pour plus tard, puisque lui n’y pense pas.
J’ai posé la question à Nadine, qui connaît la tribune mieux que les règles.
Une crise ? Tant que le joueur dit que non, c’est historique. Je pèse mes mots.
J’ai donc rayé « crise » et écrit « dimension ». Ça prend plus de place sur la page. Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : DH Les Sports+.




