Question bête, mais à qui un entraîneur présente-t-il ses excuses après un match ? J’ai ouvert un nouvel onglet dans mon carnet, couleur orange, pour Crystal Palace.
Les faits d’abord. Dimanche, Brighton a battu Crystal Palace 5-0 en Premier League. Trois buts dans les dix premières minutes. Ensuite, selon RMC Sport, l’entraîneur de Palace, Pierre Sage, a déclaré : « Je tiens à présenter mes excuses aux supporters, car il est inhabituel de voir notre club afficher un tel visage face à un autre club, et nous ne sommes pas au niveau que nous espérions ». Et aussi : « Je suis vraiment désolé, car je sais combien cela compte pour eux ».
Moi, ça m’a plu. C’est clair. Il dit pardon, il dit à qui, il dit pourquoi. Depuis septembre, on m’a appris « on va analyser ça calmement », « il y a du positif », « on prend match après match ». J’avais noté ces phrases dans l’onglet bleu, « choses qu’on dit après », avec un point d’interrogation à côté de chacune. Là, pas de point d’interrogation. Juste des excuses, adressées à des gens précis.
Au basket, ça n’existe pas, j’ai regardé. Enfin, si, peut-être, mais on rejoue trois jours après et tout le monde oublie. Remarquez, Palace aussi : Besiktas en Ligue Europa, puis Newcastle trois jours plus tard. Il faudra peut-être s’excuser vite, ou pas du tout.
De mon temps, l’entraîneur ne s’excusait pas. Il ne parlait pas. Ça revenait au même.
J’ai demandé à Marcel si se taire, c’était une forme d’excuse. Il a réfléchi longtemps. Il n’a pas répondu. Je ne sais pas si c’était une démonstration.
Dernière note. Selon The Times, repris par RMC Sport, Pierre Sage serait déjà en sursis ; les dirigeants souhaitent une amélioration rapide de la défense. Il est arrivé cet été, après avoir remporté la Coupe de France avec Lens, à la place d’Oliver Glasner. Sept journées. J’ai vérifié, et en fait personne ne sait combien de journées il faut pour avoir le droit de s’excuser. Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : DH Les Sports+.




