Alors, tactiquement, il faut parler du vestiaire. Pas du match, du vestiaire.
Mike Penders, le gardien belge de Chelsea, a gardé son zéro contre Manchester United. Dans les dernières minutes, Mbeumo frappe, Penders détourne du bout des doigts, le ballon finit sur la barre. Belle parade. Mais ce qui m’a fait poser ma jatte de café, c’est la suite. « Je veux un replay, parce qu’ils ne me croyaient pas dans le vestiaire », a-t-il dit à Sporza. Et aussi : « Je vais devoir montrer les images au vestiaire. »
Ça, je connais. Chez nous, le dimanche, il n’y a pas de caméra. Il y a le délégué, sa farde, et sa mémoire, qui est sélective. Mon gardien a sorti un ballon pareil l’an passé, sur le terrain 2, celui en pente. Il a passé tout le cornet de frites d’après-match à le raconter. Personne ne l’a cru. Le délégué a écrit « arrêt » dans la farde. Juste « arrêt ». Sans les doigts.
Penders, lui, a un avantage. Il a des images. Il a aussi une honnêteté de gardien que j’apprécie : il dit qu’il n’a pas vu partir le ballon, mais qu’il a pu y mettre les doigts. Ça, je le mets en place le mardi. Enfin, quand ils sont onze. On appelle ça l’instinct, et on n’a pas besoin de le voir pour le travailler.
Il y a autre chose. Ses débuts avec Chelsea, contre Tottenham, s’étaient mal passés : une erreur, et la presse britannique avait parlé d’une intervention « catastrophique ». Selon Sporza, il a repris le fil de sa saison, et cette parade en est l’illustration. Le collectif, chez moi, aurait réglé ça à la buvette. Lui, il a répondu sur le terrain, et il réclame le replay pour convaincre ses propres coéquipiers. À un terrain plat près, c’est la même méthode.
Question bête, mais si personne ne l’a cru, qui a dit « bravo » sur le moment ? J’ai noté la question dans l’onglet « vestiaire ».
Moi, mon vestiaire, il n’a pas besoin de VAR : il a le délégué. Mais pour cette parade-là, j’aurais demandé le replay aussi. Et je l’aurais projeté dans le préfabriqué, sur le mur, mardi, avant l’entraînement.
Le fait est vrai, on a vérifié : Sporza.




