Question bête, mais combien de fois peut-on dire « aurait pu » après un seul match ? J’ai fait le compte samedi soir, dans mon kot, carnet ouvert à l’onglet « conditionnel ».
Le fait d’abord. Naples a perdu 1-0 sur la pelouse du Venezia, dernier du classement. Kevin De Bruyne est entré, et douze minutes plus tard il a eu un penalty pour égaliser. Le gardien du Venezia, Filip Stankovic, l’a arrêté. C’était son premier penalty manqué depuis six ans. Six ans. J’ai vérifié deux fois parce que j’ai cru à une faute de frappe.
Ensuite les déclarations. Giovanni Di Lorenzo : « On a encaissé un but qu’on aurait pu éviter, et le penalty aurait pu changer le cours du match. C’est décevant. » Deux « aurait pu » en une phrase. Massimiliano Allegri : « C’était un match important, nous aurions pu faire un grand pas en avant au classement. » Un troisième, au pluriel.
Trois conditionnels pour un but. Au basket, ça n’existe pas, j’ai regardé : il y a tellement de paniers que personne n’a le temps de dire ce qui aurait pu arriver. Le suivant arrive déjà.
Ce que j’ai appris aussi : Naples avait perdu 3-1 à Villarreal juste avant, avec un échange assez vif entre De Bruyne et son entraîneur. Et le week-end précédent, De Bruyne avait marqué deux buts. Donc le foot va très vite dans les deux sens, et le conditionnel sert à freiner.
De mon temps, on disait « on a perdu ». C’était plus court.
Allegri a terminé par « nous devons souffrir et travailler encore plus dur ». Là, plus de conditionnel. Je l’ai souligné. Naples reçoit Bodoe/Glimt mardi soir en Ligue des champions. Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : DH Les Sports+.




