Je le dis tout de suite, je n’ai aucun club en Suède. Ni l’AIK Stockholm, ni Brommapojkarna. Ce soir-là, j’étais supportrice du football, et du football seulement. Je ne dis pas ça parce que je suis supportrice. Enfin si.
0-0 à la mi-temps. J’ai écrit dans le groupe « Les Diables du dimanche » : il fait caillant, match fermé, rien à voir. Mon beau-frère a mis un pouce. Il met toujours un pouce.
Et puis onze buts en seconde période. Onze. Là, c’est historique. Je pèse mes mots. Simon Strand, un défenseur, ouvre pour Brommapojkarna à la 48e. L’AIK égalise à la 55e. Puis Brommapojkarna en met quatre en quinze minutes, 5-1 à la 70e. J’ai tapé « c’est plié » dans le groupe. Grosse erreur de lecture, j’assume.
Parce que l’AIK revient. Un, deux, trois, quatre buts en fin de match, et 5-5 à la 98e. Je suis montée sur le canapé. J’ai renversé mon cornet. Revenir de 5-1, c’est historique aussi. Deux historiques dans le même match, mon thermomètre n’était pas prévu pour.
Et sur la mise en jeu suivante, Oliver Zanden centre, Mads Hansen reprend, 5-6 à la 99e. J’ai crié pour les deux équipes en même temps. Le groupe a cru que j’avais un problème de clavier.
Onze buts en quarante-cinq minutes. Il y a des saisons entières que j’ai vues avec moins. Je ne critique pas. Je compare.
Bilan de la soirée : historique pour Brommapojkarna, historique pour le retour de l’AIK, et moi qui avais quitté l’écran cinq minutes à 5-1 pour remettre de l’eau à chauffer. Une honte, ça. Je pèse mes mots. Mais c’est moi qui la porte, pas eux.
Maintenant, on prend match après match, hein.
Le fait est vrai, on a vérifié : RTBF Sport.



