La Belgique a battu la Turquie 3-0. À Sclessin. J’ai lu ça le lundi, à la friterie, dans mon hebdomadaire. J’ai vérifié deux fois. Le score n’avait pas changé.
L’entraîneur turc, Vincenzo Montella, a dit en conférence de presse que le match avait été « dans l’ensemble équilibré, même d’un point de vue statistique ». Il a compté. Quarante ballons touchés par la Turquie dans la surface belge. Vingt-six pour les Belges dans la surface turque. Trois buts d’un côté. Aucun de l’autre.
En 1980, on ne comptait pas les ballons dans la surface. On comptait les buts. Il y avait un tableau, il affichait deux nombres, et on rentrait. Je ne critique pas. Je compare.
Aujourd’hui, un match a deux résultats. Celui du tableau et celui de la feuille. On peut perdre le premier et gagner le second. Notez que je ne suis pas contre le progrès. Je suis contre ce progrès-là.
Montella a aussi dit : « Parfois l’adversaire est supérieur, peut-être pas dans les détails, mais dans les décisions finales. » Cette phrase-là, je la garde. Elle est juste. De mon temps, les décisions finales, c’était tout le football. Les détails, on les laissait aux journalistes.
Question bête, mais si on avait gardé seulement la colonne des touches, qui aurait gagné ?
Il a qualifié le 3-0 de « moche ». Il n’a rien à reprocher à ses joueurs. Il a rappelé que la Turquie a retrouvé la Coupe du monde après 24 ans sous sa direction, et qu’elle a été promue en Ligue A de la Ligue des Nations. Il a dit : « Jouer la Ligue A de la Ligue des Nations est un privilège et ils doivent le vivre comme un privilège et pas comme une faute. » Il ne se dit pas inquiet. Il reste motivé et concentré pour les prochains matchs.
J’ai replié mon hebdomadaire. Trois à zéro. Enfin. C’est l’époque.
Le fait est vrai, on a vérifié : RTBF Sport.




