Alors, tactiquement, il faut écouter Jorge Maciel. Il est l’entraîneur intérimaire de l’Olympique Lyonnais, il va à Brest dimanche à 17h15 pour la dixième journée de Ligue 1, et en conférence de presse on lui a parlé de son avenir comme numéro un. Il a répondu, selon RMC Sport : « Ma profession est un choix de vie, une chance, mais on sait que les valises sont toujours prêtes. »
Il a souri en le disant. Moi, je souris aussi, parce que ma valise, je l’ai. C’est un sac de sport avec les chasubles, les plots, ma farde de compositions et un essuie. Il est dans le coffre depuis que le précédent mister est parti à la pêche. Je ne l’ai jamais déballé. On ne sait jamais, hein.
La différence, c’est que lui, sa valise attend un coup de fil d’un président. La mienne attend surtout que le délégué rende les clés du vestiaire préfabriqué. Mais le principe est le même : un entraîneur qui défait ses bagages, c’est un entraîneur qui se croit installé. Et un entraîneur qui se croit installé, il passe en 4-3-3. Je ne dis pas que c’est lié. Je le constate.
Le choix de vie, je connais aussi. Le dimanche à trois heures, la jatte de café à la buvette avant, le classement de P3 le lundi comme un verdict. Une chance, oui. Personne ne m’oblige. Ma femme me le rappelle souvent, d’ailleurs.
Mon conseil de collègue à Maciel, pour Brest : il garde la valise près du banc, mais fermée. Une valise ouverte sur le banc, les joueurs regardent dedans pendant la causerie. Chez moi, ils cherchent les biscuits.
Question bête, mais si les valises sont toujours prêtes, quelqu’un a déjà vu un entraîneur arriver sans ?
Bon. Dimanche, il drachera peut-être à Brest, je n’en sais rien. Mais à un terrain plat près, hein, on fait le même métier.
Le fait est vrai, on a vérifié : RMC Sport.




