Côme a gagné 9-1 à Lens, mercredi, en Ligue des champions. J’ai lu le score le lendemain à la friterie. Je l’ai relu. Il n’avait pas changé.
20 Minutes le note. Jamais un club français n’avait perdu par huit buts d’écart à domicile en Ligue des champions. Le seul autre écart pareil, en Europe, c’est MTK Hungaria contre Strasbourg. 10-2. En 1961. Premier tour de la Coupe des villes de foires.
Je retiens une chose. L’écart. Huit en 1961, huit en 2026. On a inventé la Coupe de l’UEFA, puis la Ligue des champions, puis une phase de ligue. On a ajouté des caméras, des écrans, des analyses. L’écart, lui, n’a pas bougé d’un but. Je ne critique pas. Je compare.
Il y a eu d’autres soirées. En 1973, en Coupe de l’UEFA, Cologne a battu l’OM 6-0 au deuxième tour. Dieter Müller avait 19 ans. Il a mis un doublé. Deux buts, un jeune homme, et un nom qu’on n’a pas oublié. C’était une époque où on retenait les noms.
Marcel, en 1961, tu n’avais pas encore l’âge d’être déçu.
Nadine a raison. J’avais six ans. Je n’ai pas vu ce Strasbourg-là. Mais je savais déjà qu’une coupe devait avoir un nom qu’on peut dire à table. Coupe des villes de foires. On voyait la ville. On voyait la foire. Ligue des champions, on voit surtout la publicité.
Notez que je ne suis pas contre le progrès. Je suis contre ce progrès-là. Le football a tout changé depuis 1961, sauf le chiffre huit. Enfin. C’est l’époque.
Le fait est vrai, on a vérifié : 20 Minutes.



