Question bête, mais pourquoi dit-on d’un joueur qu’il est « un produit du centre de formation » ? J’ai noté la phrase jeudi soir. L’Union a fait 1-1 contre la Real Sociedad, à Louvain, et l’égalisation à la 88e vient de Sekou Keita, 20 ans, au centre depuis 2023. Un produit. Comme un yaourt de la région.
Au basket, on dit « formé au club ». J’ai regardé. Personne n’est un produit.
J’ai donc rouvert mon carnet, onglet « mots du foot ». Keita avait fait ses débuts pros la saison dernière en Ligue des champions contre le Bayern München, à la 82e, quand le score était 2-0. Ensuite 20 minutes contre le STVV début septembre. Trois matchs en équipe A au total. Et jeudi, quatre minutes après son entrée, il surgit au deuxième poteau sur un coup franc de Matteo Biondic.
On m’explique que cet été, cinq clubs se sont intéressés à lui et que l’Union ne voulait pas le laisser partir parce qu’elle comptait sur lui. Donc le produit avait cinq acheteurs, et le magasin a refusé de vendre. D’accord, mais encore ? Je croyais qu’un magasin, c’était fait pour ça.
Sporza a titré qu’il n’était pas, pour une fois, un transfert « data ». J’ai demandé ce qu’était un transfert data. On m’a montré des tableaux. Keita, lui, n’est pas dans un tableau, il était dans l’équipe B, avec 14 buts en 28 matchs. Ça, c’est aussi des données, non ?
Un produit, Louise, c’est quand tu l’as vu grandir depuis le banc. Les autres, ce sont des achats.
Lui, il a dit à Sporza que c’était « un sentiment indescriptible ». J’ai cherché un mot pour le décrire quand même. J’ai laissé l’onglet vide.
Le fait est vrai, on a vérifié : 7sur7.


