Le Bayern a battu Magdebourg 6-1 en Coupe d’Allemagne. Magdebourg est en deuxième division. Ce n’est pas ce qui m’intéresse.
Avant le match, les joueurs ont fait une haie d’honneur à Harry Kane. Il venait d’être désigné Ballon d’Or. Il portait un survêtement. Le public applaudissait.
Je l’ai lu à la friterie, dans 7sur7 qu’un voisin avait laissé sur la table. Kane a dit : « Je ne suis pas vraiment fan de ce genre de choses, d’habitude. » Puis : « J’ai presque ressenti une légère gêne. »
Je me suis arrêté de manger.
Voilà un homme qui reçoit le plus grand trophée individuel et qui trouve la fête un peu trop. Il n’a pas montré le Ballon d’Or au public. Il n’est pas monté au jeu. C’est la première chose raisonnable que je lis sur un footballeur depuis longtemps.
En 1980, on ne faisait pas de haie d’honneur à un homme en survêtement. On lui faisait un signe de tête au vestiaire, et il comprenait. Je ne critique pas. Je compare.
Le reste suit l’époque. Michael Olise a marqué deux fois et a dédicacé un but au nouveau Ballon d’Or. Une dédicace à un collègue en survêtement, qui n’a pas joué. Saibari, Davies, Brown et Daiber ont marqué les autres.
Puis une vidéo sur les réseaux du club. Kane y dit que le Ballon d’Or est « vraiment notre trophée ». La gêne, apparemment, n’a pas résisté à la vidéo.
Moi, une haie d’honneur, j’en fais une quand le délégué ramène les maillots lavés. Personne n’est gêné.
Il est le premier Anglais depuis Michael Owen en 2001, le sixième de l’histoire. Il a promis de présenter le trophée. Le Bayern reçoit Dortmund samedi. Enfin. C’est l’époque.
Le fait est vrai, on a vérifié : 7sur7.



