Alors, tactiquement, l’Olympique de Marseille a battu Toulouse 2-0. Et Bruno Genesio, en conférence de presse, a dit la phrase que je n’ai jamais osé dire à mon comité : « On s’est un peu recroquevillé ». Il a avoué que son équipe s’était davantage recroquevillée dans sa surface en deuxième période. Recroquevillé. J’ai noté le mot dans ma farde, à côté de « bloc bas » et de « on garde le résultat ».
Il parle de « traumatismes » liés à Angers. Une semaine plus tôt, Angers était passé proche de revenir au score face à l’OM malgré un retard de quatre buts. Quatre buts d’avance. Moi, avec quatre buts d’avance, je fais mes cinq changements, dont deux pour aller chercher les enfants, et un troisième pour que le délégué puisse fumer tranquille.
Mais je comprends le mister marseillais. Chez nous, la deuxième mi-temps se joue dans le sens de la pente. Vers le haut. Mes gars se recroquevillent aussi, mais eux, c’est la gravité. À un terrain plat près, hein, c’est exactement la même animation : tout le monde dans les seize mètres, le gardien qui crie, l’essuie sur le banc que je tords sans m’en rendre compte.
Ce que j’apprécie, c’est la franchise. Un entraîneur de Ligue 1 qui dit « un peu ». Pas « on a géré », pas « on a fermé les espaces ». Un peu recroquevillé. C’est le vocabulaire de vestiaire préfabriqué, ça, et je le reconnais tout de suite.
Question bête, mais si on se recroqueville à 2-0, on fait quoi à 4-0 ?
Je lui ai montré ma farde. La réponse est à la page Angers. Lundi, au briefing, j’ajoute une ligne au tableau : « deuxième mi-temps, on sort de la surface ». Enfin, quand ils sont onze.
Le fait est vrai, on a vérifié : RMC Sport.



