Aurelio De Laurentiis, le président de Naples, veut raccourcir la mi-temps. Ou la supprimer. Il l’a dit à Rome, au sommet TEHA Club, dans une session qui s’appelait « Cinéma et football : la fin du monopole de l’attention ». J’ai lu ça dans Football Italia, place 14, tribune 2, et j’ai serré mon cornet de frites contre moi comme si on allait me le reprendre.
Sa phrase, traduite fidèlement : « Pourquoi ne pas raccourcir la pause de la mi-temps, ou la supprimer complètement ? » Pourquoi ? Parce que c’est quinze minutes. Quinze minutes pour la file à la friterie, le WhatsApp des Diables du dimanche, et mon beau-frère qui m’explique que l’autre club aurait marqué. Là, c’est une honte. Je pèse mes mots.
Il dit qu’un enfant à la maison n’attendra pas la fin de la pause et risque d’être perdu avant la reprise. Moi, à sept ans, j’attendais. Bon, je mangeais des frites, ça aide.
Et puis il a ajouté : « Le stade doit faire partie du spectacle. Si vous demandez à quelqu’un de quitter sa maison, de voyager, de garer sa voiture, de dépenser de l’argent et quatre ou cinq heures de sa journée, vous devez lui donner quelque chose en retour. » Ça, c’est historique. Je pèse mes mots aussi. Un président qui parle de mon parking, de mon argent et de mes cinq heures, avec mon abonnement qui monte plus vite que le classement. Je ne dis pas ça parce que je suis supportrice. Enfin si.
Donc le même homme me rend mon temps et me prend ma mi-temps. Historique et honte dans le même discours. Mon thermomètre a sonné deux fois.
Supprimer la mi-temps. On finira par jouer les deux moitiés en même temps, pour gagner du temps. Enfin. C’est l’époque.
J’ai déjà proposé au groupe un plan B : on achète les frites avant le coup d’envoi. Onze votes pour, mon beau-frère contre. Maintenant, on prend match après match, hein.
Le fait est vrai, on a vérifié : Football Italia.




