Alors, tactiquement, la mi-temps, c’est mon seul moment. Aurelio De Laurentiis, président de Naples, propose de la raccourcir, voire de la supprimer. Il l’a dit au sommet TEHA Club à Rome. J’ai lu ça dans Football Italia, l’essuie encore sur l’épaule.
Il dit qu’un enfant à la maison n’attendra pas la fin des quinze minutes. Je comprends. Chez moi, ce sont les joueurs qui n’attendent pas : à la quinzième, deux sont déjà partis chercher les enfants. Mais les quinze minutes, c’est là que je redresse le 4-4-2. C’est là que je dis à mon arrière droit que le terrain penche vers lui depuis le coup d’envoi et qu’en seconde, ça va dans l’autre sens. Sans pause, il le découvre tout seul. Ça, je le mets en place le mardi. Enfin, quand ils sont onze.
Il a aussi dit, je traduis : « Je dois mériter votre temps, pas juste dire que vous devez venir parce que vous êtes supporter. » Là, je suis d’accord avec un président, et je le dis au présent, c’est rare. Chez nous, la buvette fait ce boulot : la jatte de café avant, le cornet après. Elle finance le mercato. Supprimez la mi-temps et vous coupez la recette du milieu. Il me faudra un jeu de chasubles en moins.
Il parle aussi de la franchise américaine : marque, merchandising, hospitalité, lien avec la ville. Notre merchandising, c’est l’écharpe du délégué. Il n’en a qu’une. L’hospitalité, c’est le préfabriqué chauffé, quand le chauffage veut.
Question bête, mais si on supprime la mi-temps, on appelle ça comment ? Une entière ?
J’ai quand même tenté le test dimanche à trois heures : causerie express de deux minutes au poteau de corner. Le délégué a retrouvé les cartes pendant ce temps-là. À un terrain plat près, hein, j’ai gagné treize minutes.
Le fait est vrai, on a vérifié : Football Italia.




