Matheus Cunha a marqué le but de la victoire de Manchester United contre la Roma. The Guardian écrit qu’il l’a célébré de façon un peu excessive. Je retiens le mot. Un peu.
J’ai lu l’article lundi, à la friterie, à côté de mon hebdomadaire papier. Le cornet refroidissait. Je n’ai pas cherché les images. Je préfère imaginer. En 1980, on levait le bras, et c’était déjà beaucoup. Un bras. Parfois les deux, quand c’était contre le Standard ou Anderlecht, selon la rive.
Je ne critique pas. Je compare.
Il faut dire le reste. United restait sur neuf matchs sans victoire. Selon le même journal, l’équipe a très mal joué en première mi-temps et a eu de la chance de n’être mené que 2-0. Il y a eu un penalty, décrit comme quelque peu fortuit. Puis la remontée. Neuf matchs, une première mi-temps comme celle-là, je comprends qu’on ait des bras en trop.
Sur Amazon Prime, Nicky Butt, Ashley Young et Wayne Rooney ont jugé sévèrement la première mi-temps, puis se sont montrés beaucoup plus positifs après la seconde. Une émission entière pour changer d’avis en direct. De mon temps, on attendait le journal du lundi. L’avis avait le temps de sécher.
Mardi soir, des supporters ont critiqué la manière dans des émissions de radio où l’on appelle. Ils ont gagné et ils téléphonent. Moi, je n’ai jamais appelé une radio. J’écrivais au courrier des lecteurs. On me répondait au printemps.
Marcel, c’est quoi l’unité d’une célébration ? J’ai besoin d’un chiffre.
L’unité, c’est le bras, Louise. Au-delà, c’est de la chorégraphie.
Après le match, on a surtout parlé de l’avenir de Michael Carrick comme entraîneur principal. Dimanche, United reçoit Aston Villa. J’ai replié l’article dans l’hebdomadaire, page des résultats, et j’ai levé le bras pour commander une deuxième fricadelle. Un seul bras. Enfin. C’est l’époque.
Le fait est vrai, on a vérifié : The Guardian.




