Alors, tactiquement, Anderlecht a perdu 4-0 à La Gantoise dimanche. Trois buts en seconde période. Sept jours plus tôt, il y avait eu l’élimination en Coupe au Beerschot. Et le club a maintenant neuf points de retard sur Gand.
J’ai lu la suite sur Walfoot, le lundi matin, avec le classement de ma P3 ouvert dans l’autre onglet. Le capitaine, Colin Coosemans, a défendu son coach, Vitor Bruno. Il a dit : « Ce qui s’est passé durant les 20 dernières minutes relève uniquement de la responsabilité des joueurs. Ils doivent se regarder dans le miroir ».
Le miroir. J’ai posé ma jatte de café.
Dans mon vestiaire préfabriqué, on a un miroir. Un seul, au-dessus de l’évier, avec une fêlure en diagonale depuis la saison où le délégué a voulu le déplacer. Quand un joueur s’y regarde, il voit la moitié de son visage et un bout de la farde. Je ne sais pas si ça compte comme se regarder dans le miroir. En tout cas, ça ne compte pas comme une séance vidéo.
Coosemans a aussi dit que, depuis le départ de Vincent Kompany, Vitor Bruno est peut-être le meilleur entraîneur qu’Anderlecht ait eu. Il a précisé qu’il espérait ne jamais devoir le dire. Moi, mon capitaine, il me défend aussi après une défaite. Il dit au président que « le mister n’y est pour rien, c’est le terrain ». Le président répondrait sans doute qu’il connaît la pente. Je dis répondrait, parce qu’avec le président, tout est au conditionnel.
Le capitaine d’Anderlecht a aussi parlé de mentalité : jamais de problème jusqu’ici, selon lui, mais plus l’unité qui caractérisait l’équipe pendant les vingt dernières minutes. Vingt minutes, chez nous, c’est le moment où je fais mes deux derniers changements, ceux pour aller chercher les enfants. On perd forcément un peu d’unité.
Il a dit comprendre à 200 % la frustration des supporters. Ça, je le mets en place le mardi. Enfin, quand ils sont onze.
Question bête, mais si chacun se regarde dans le miroir, il en faut combien ?
Un. Fêlé. À un terrain plat près, hein.
Le fait est vrai, on a vérifié : Walfoot.



