Question bête, mais comment on sait qu’on est à 70 % ?
Alphadjo Cisse a 19 ans, il joue ailier à Milan et en Italie espoirs. Il a marqué le but décisif, en fin de match, de la victoire 1-0 de l’Italie U21 en Arménie. Le lendemain, il a dit à Rai Sport : « Je n’ai montré que 70 % de mes capacités jusqu’ici, je sais que je peux faire beaucoup mieux. »
J’ai ouvert un onglet dans mon carnet, entre « temps additionnel » et « match de gala ». Je l’ai appelé « Pourcentages ». Pour l’instant, il y a une seule ligne.
J’ai relu ses chiffres. Il a marqué pour ses débuts en Serie A, sous Ruben Amorim. Deux buts en quatre apparitions en championnat. Une première titularisation en Europa League. Tout ça, apparemment, à 70 %. Je me suis demandé à combien j’étais, moi, dans le train de 7 h 32. J’ai écrit 40 %, puis j’ai barré, parce que je n’avais aucune méthode.
Il a aussi dit que cette année lui avait apporté beaucoup de joie, et que le but lui apportait beaucoup de bonheur. Ça, je comprends. Le bonheur, on ne le donne pas en pourcentage.
En 1980, on donnait cent pour cent. On ne disait pas combien.
Il reste un match, lundi, contre la Pologne, qui est en tête du groupe. Si l’Italie gagne par deux buts d’écart, elle termine première et se qualifie directement pour le prochain Championnat d’Europe espoirs. J’ai noté la consigne. J’ai mis une flèche vers l’onglet. Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : Football Italia.



