Un entraîneur de Ligue des champions suit son cours en visio. Le matin du match. Je l’ai lu lundi… non, mardi. Le jour change, l’époque reste.
Yannick Cahuzac entraîne Lens. Il a 41 ans, il a succédé à Dino Toppmöller. Mardi soir, à 18h45, il dirige face au Sporting CP son premier match de Ligue des champions sur un banc. Le matin, il aurait dû être à Clairefontaine pour sa formation au BEPF, le brevet exigé pour coacher au plus haut niveau en France. Il a demandé à suivre la session à distance. On a accepté.
Il l’a dit à RMC Sport : « À 8h, je serai connecté en visio pour suivre les interventions de mes formateurs. »
Connecté. Un formateur parle à un écran, un entraîneur écoute un écran. Personne ne se regarde. En 1980, on apprenait le métier devant un tableau noir, avec une craie qui grinçait. On s’en souvenait à cause du grincement.
Notez que je ne suis pas contre le progrès. Je suis contre ce progrès-là.
La session porte sur l’accompagnement mental et la connaissance de soi. De mon temps, la connaissance de soi venait avec l’âge. Et parfois elle ne venait pas. C’était la vie.
Je reconnais une chose. Il a dit : « Je vis ça avec sérénité. » Je le crois. La sérénité, c’est ce qui me reste de l’Euro 80, je la connais.
Marcel, au basket, on a des visios aussi. Personne n’a jamais regretté la craie.
Selon RMC Sport, il est le premier entraîneur principal français à vivre une telle double journée. Et mercredi matin, il retourne à Clairefontaine. En personne, cette fois.
Enfin. C’est l’époque.
Le fait est vrai, on a vérifié : RMC Sport.




