Alors, tactiquement, il faut repartir du 22 octobre 2011. Bournemouth perd 2-1 à domicile contre Bury, en League One, la troisième division anglaise. Après ce match, le club est 21e, avec 12 points en 14 matches. Quinze ans jour pour jour plus tard, ce jeudi à 20h00 heure britannique, il reçoit l’AC Milan en Europa League.
J’ai ouvert ma farde au chapitre classement. 21e avec 12 points en 14 matches, c’est le genre de chiffres que je regarde le lundi comme un verdict. Je connais. La différence, c’est que chez eux il y a eu une suite.
Je ne dis pas que ma P3 reçoit Milan dans quinze ans. Je dis que le chemin existe. À un terrain plat près, hein. Bournemouth vit sa première saison en Europe et a gagné ses deux premiers matches. Contre Sturm Graz, 3-0, il y avait 12 070 spectateurs, la plus grosse affluence du club au XXIe siècle. Leur stade est de loin le plus petit de Premier League, et ils l’agrandissent. Moi aussi j’ai un projet d’agrandissement : la buvette. Deux tables de plus, si le tournoi de cartes rapporte.
En face, Ruben Amorim, ancien entraîneur de Manchester United. Milan est quatrième de Serie A, 15 points en sept matches, à quatre points de l’Inter. Et Luka Modric, 41 ans, devrait jouer : cinq titularisations cette saison. J’ai un milieu de 41 ans aussi. Il joue la première mi-temps, puis il va chercher les enfants.
Tony Pulis a dit à la BBC qu’en dix ans, le club de sa ville natale a atteint le pays des rêves. Joe Partington, lui, l’a dit plus simplement : « C’est Bournemouth contre l’AC Milan dans un match européen officiel. » Ça, c’est une causerie. Une phrase, tout le monde a compris.
Freddy, quinze ans pour passer de 21e à Milan. Toi, ça fait combien que tu es 9e ?
J’ai répondu que le niveau en P3 a énormément monté. Elle n’a pas insisté. Ce soir, je regarde le match avec mon essuie sur l’épaule et le classement de 2011 imprimé à côté.
Le fait est vrai, on a vérifié : BBC Sport.






