Go Ahead Eagles a perdu 4-1 à Zwolle. L’entraîneur s’appelle Joseph Oosting. Deux des buts sont de Thijs Oosting, son fils. Je l’ai lu dans HLN à la friterie. J’ai relu. Le nom n’avait pas changé.
Le fils a 26 ans. Le père, 54. Le fils compte quinze buts en Eredivisie, dont cinq contre une équipe que son père entraînait alors : RKC Waalwijk, FC Twente, Go Ahead Eagles. C’est une régularité. Je respecte la régularité.
Après le coup de sifflet, le fils a embrassé son père sur la joue. Les caméras ont capté un « sorry, papa » prudent. Voilà ce qui me gêne. Pas le but. Pas la bise. La caméra. En 1980, il n’y avait personne au bord du banc pour lire sur les lèvres. Un fils disait ce qu’il voulait à son père, et la Belgique l’apprenait jamais. C’était la vie.
Je ne critique pas. Je compare.
Selon HLN, le père s’est affaissé sur le banc au deuxième but. On lui a demandé s’il en avait assez des buts de son fils. Il a soupiré profondément. Il n’a pas voulu s’étendre. Voilà un homme qui comprend la valeur d’un silence. Il a seulement dit : « Mais en fait, je n’ai pas pensé une seconde à Thijs. Je suis surtout fâché pour autre chose. » L’autre chose, c’était l’entame trop molle de ses joueurs.
Question bête, mais s’il ne pensait pas à Thijs, pourquoi le soupir ?
Le fils, lui, a expliqué qu’à force de se croiser, ces moments arrivent forcément. Il a raison. Le calendrier les remettra face à face. Avec des caméras.
Enfin. C’est l’époque.
Le fait est vrai, on a vérifié : HLN.




