Alors, tactiquement, il faut prendre ce match dans l’ordre. Tottenham a dominé la première période. Solanke a vu son tir contré par Senne Lammens à la 3e, Kudus a frappé à côté à la 21e. Après la pause, Luke Shaw a repoussé un tir de Savinho, Solanke a encore tenté sans cadrer. Puis Bryan Mbeumo a ouvert le score pour Manchester United à la 73e.
Et Tottenham a fini à dix contre onze, après l’exclusion de Bentancur. Le genre de scénario où, sur ma farde, j’écris en rouge : on ferme, on garde.
Sauf que non. Dans le temps additionnel, Sandro Tonali centre, Solanke gagne son duel de la tête face à Lisandro Martinez, et c’est 1-1. À dix. À Old Trafford.
Moi, jouer à dix, je connais. Je ne dis pas que c’est la même chose, mais le principe, je le travaille. Chez nous, on est souvent dix parce qu’il y en a un qui est parti chercher les enfants à la 70e. Le bloc se resserre, les intentions restent offensives, et on vise le centre au deuxième poteau. Le niveau en P3 a énormément monté, les gens ne se rendent pas compte.
Ce que je retiens surtout, c’est la phrase de Roberto De Zerbi après le match : « Je veux voir le même caractère, la même personnalité que nous avons montrée cet après-midi. » Le caractère, je le demande aussi à mes joueurs, le dimanche à trois heures, quand il drache et que le terrain 2 descend vers la buvette.
En face, Michael Carrick a dit : « Ce n’est pas agréable, ça fait très mal parce que ce club compte beaucoup pour moi. » Ça, je comprends aussi. Prendre un but à la 92e contre dix, j’ai déjà ramené ce sentiment dans un cornet de frites.
Un point à dix, c’est historique. Je pèse mes mots.
Tottenham reste 18e avec 3 points et n’a toujours pas gagné en championnat. United est 12e avec 6 points. La semaine prochaine, les Spurs reçoivent Coventry City, United va à l’Atlético Madrid. À un terrain plat près, hein.
Le fait est vrai, on a vérifié : L'Avenir.






