Alors, tactiquement, Croatie-Espagne, c’est un match en deux temps. Ivan Perisic ouvre le score à la 17e pour la Croatie. Mikel Merino égalise à la 61e. Puis Perisic prend un deuxième jaune à la 79e, l’Espagne joue le dernier quart d’heure à onze contre dix, et Merino remet ça à la 88e. 1-2. Quatrième victoire en quatre matchs pour l’Espagne, qualifiée pour les quarts de finale de la Ligue des nations.
Ça, c’est le résumé. Moi, ce que j’ai regardé trois fois, c’est la 79e. Marc Cucurella finit au sol après un retour de Perisic, il réclame tout de suite le deuxième avertissement. L’arbitre, Erik Lambrechts, expulse Perisic. Et là, il laisse tomber son carton rouge. Cucurella le ramasse et le lui rend avant qu’il ait pu le brandir. Il l’a expliqué lui-même : « J’ai vu que l’arbitre ne trouvait pas son carton et je le lui ai donné. »
J’ai posé ma jatte de café. Parce que ce geste-là, dans mon vestiaire, c’est un poste. Chez nous, les cartons, c’est le délégué qui les a dans sa farde, et la farde, elle est souvent restée dans la voiture. Un joueur qui va chercher le matériel pour l’arbitre sans qu’on lui demande, je le fais capitaine le mardi. Enfin, quand ils sont onze.
Pour être complet : le public de Split a sifflé Cucurella à chaque ballon touché, on l’accuse d’avoir plongé et d’en avoir rajouté. Lui dit que la faute était claire, que Perisic était déjà averti et que le VAR n’a rien trouvé à redire. Slaven Bilic a eu une phrase de coach que je comprends très bien : « Qui ne serait pas énervé contre Cucurella s’il ne joue pas dans son équipe ? »
C’est exactement ça. Le joueur que tout le monde déteste chez l’adversaire, c’est celui qu’on voudrait sur sa feuille de match. J’ai noté son nom dans ma farde, colonne « transitions ». À un terrain plat près, hein.
Un arbitre qui perd son carton et un joueur qui le lui rend. On ne sait plus qui arbitre. Enfin.
Le fait est vrai, on a vérifié : RMC Sport.





