Alors, tactiquement, les Pays-Bas ont battu la Serbie 2-1 à Eindhoven. J’ai lu le compte rendu de la NOS le lundi matin, la farde de compositions ouverte sur la table de la cuisine, et je me suis reconnu dès la deuxième phrase de Xavi Hernández.
Il dit que son équipe voulait jouer sur la possession et n’y est pas parvenue. Il dit que la Serbie a bien défendu en individuelle. « La Serbie a bien fait, homme contre homme, et nous n’avons pas trouvé de solution », a-t-il déclaré à la NOS. Ça, c’est mon dimanche. Sauf que chez moi, l’homme contre homme, c’est le terrain 2 qui le décide : celui qui défend en descente gagne tous ses duels.
Après la pause, Xavi a changé de système. Plus d’occasions, plus de domination, d’après lui. Moi aussi, je change de système à la mi-temps. Je passe du 4-4-2 au 4-4-2, mais dans l’autre sens de la pente. Les gens ne se rendent pas compte, c’est une vraie décision.
Et puis Joshua Zirkzee met le 2-1. Xavi l’a trouvé magnifique, avec beaucoup de touches de balle. Chez nous, un but avec beaucoup de touches de balle, c’est quand le ballon a rebondi sur trois mottes avant d’entrer. Je ne dis pas que c’est pareil. Je dis qu’on comprend l’émotion.
Il a aussi dit qu’il avait perdu sa voix après ses premières semaines à la tête des Pays-Bas. « Mais c’est normal », a-t-il ajouté. Là, je le prends comme un collègue. Mon essuie sur le banc, ma jatte de café à la buvette et un vestiaire préfabriqué qui résonne : je connais le métier.
Quatre matchs, deux victoires, deux nuls contre l’Allemagne et la Grèce, premiers du groupe avec huit points. Il veut faire appel à davantage de joueurs, parce que l’équipe en a la qualité. Moi aussi, j’aimerais. Le délégué m’a dit qu’on en avait quatorze en ordre de cotisation.
Le fait est vrai, on a vérifié : NOS.



