Anderlecht a perdu 1-0 à Zagreb, sur un penalty dans la dernière minute du temps additionnel. Et l’entraîneur, Vitor Bruno, a dit : « D’habitude, après une défaite, je suis fâché parce qu’il y a toujours quelque chose qui me dérange. Mais aujourd’hui, c’était différent ».
Question bête, mais qu’est-ce qui dérange, d’habitude ? J’ai ouvert un onglet dans mon carnet, « Ce qui dérange ». Il est vide. Parce que cette fois, rien ne dérangeait, apparemment, à part le score.
J’ai cherché dans ses autres phrases. Il dit que son équipe a eu quatre ou cinq grosses occasions. Il dit qu’elle aurait pu prendre moins de risques en fin de match, mais qu’il ne veut pas perdre l’état d’esprit offensif. Il cite Stroeykens, Reabciuk, Aasgaard et Degreef pour leurs bonnes choses. Kaïs Barry, défenseur central de formation, a joué arrière droit, soirée plus compliquée, amélioration après la pause. J’ai tout noté dans l’onglet « Ce qui ne dérange pas ». Il déborde.
On m’explique qu’en foot, une défaite peut être une bonne défaite. D’accord, mais encore ? Au basket, on perd de deux points et on sait exactement à quelle seconde, j’ai regardé.
Une bonne défaite, c’est quand on rentre au vestiaire et qu’on a encore envie de faire la causerie.
Ensuite il a dit : « Le soleil se lèvera à nouveau demain. Nous devons désormais nous concentrer entièrement sur le Beerschot ». Dimanche, c’est la Coupe au Beerschot, puis Jagiellonia Bialystok en Europe. Anderlecht a zéro point après deux matchs, et il veut les barrages : il reste six matchs, a-t-il dit.
J’ai pris le train de 7 h 32 le lendemain. J’ai noté l’heure du lever du soleil dans un troisième onglet, que j’ai appelé « Ce qui rassure ». C’est le seul que j’ai pu vérifier.
Le fait est vrai, on a vérifié : Walfoot.


