La Belgique a battu la Turquie 3-0 à Sclessin. Troisième match de Mark van Bommel comme sélectionneur, troisième victoire. Je l’ai lu le lendemain, à la friterie, et le score n’avait pas changé.
Ce qui a changé, c’est le reste. Kevin De Bruyne a reçu un carton jaune. Lui et Youri Tielemans sont suspendus pour la France. On a demandé au sélectionneur si le carton était volontaire. Il a répondu que non, selon des propos cités par Sporza. « Kevin était simplement frustré et, à mon avis, il ne s’en est même pas rendu compte », a-t-il dit. Puis : « Il est dans un rythme fantastique et il prend du plaisir, donc ce carton jaune, il ne l’a vraiment pas pris volontairement. »
Je ne critique pas. Je compare. De mon temps, un carton jaune était un carton jaune. Personne ne demandait s’il était voulu. On ne prêtait pas d’intentions à un morceau de carton.
Le sélectionneur a ajouté une phrase que je garde : « Il nous manque déjà Youri contre la France. Disons-le ainsi : j’ai reçu beaucoup de cartons inutiles dans ma carrière et celui-ci en était un aussi. »
Voilà un homme qui connaît son sujet. Il ne défend pas. Il range le carton dans une catégorie. Une catégorie qu’il a lui-même bien remplie, de son propre aveu. C’est presque de l’archivage.
Notez que je ne suis pas contre l’analyse. Je suis contre cette analyse-là, celle qui cherche un calcul derrière un geste de frustration. En 1980, on était frustré, on prenait un jaune, et on s’excusait au dîner.
Deux suspendus contre la France, c’est une honte. Je pèse mes mots. Enfin, trois sur trois, c’est historique.
Les Diables se rendent en France lundi soir. Sans eux deux. Enfin. C’est l’époque.
Le fait est vrai, on a vérifié : VoetbalPrimeur.be.




