Alors, tactiquement, il faut commencer par l’heure de jeu. Rochefort est mené 1-3 après l’autobut de Luka Hoedaert. À ce moment-là, dans n’importe quel vestiaire, le mister regarde le banc, regarde sa farde, et se demande qui il sort pour limiter la casse. Moi, j’aurais déjà sorti le stylo rouge.
Et puis le match se retourne. À 3-2 pour La Gantoise, à la 68e, l’arbitre Massimiliano Ledda siffle penalty. Le gardien Kjell Peersman donne le ballon du pied à Mamadou Diallo sur un coup de pied de but, le défenseur l’arrête de la main, et l’arbitre estime que le ballon était déjà en jeu. Les Gantois contestent, Christian Burgess en première ligne. Thomas Vanhecke transforme. 3-3. Plus rien jusqu’à la fin des prolongations, et 4-3 aux tirs au but pour Rochefort.
Ce coup de pied de but, je le fais travailler le mardi. Enfin, quand ils sont onze, et quand le terrain 2 n’a pas transformé la sortie de but en descente de luge. Chez moi, la relance courte, c’est un acte de foi. J’ai ressorti ma farde pour vérifier que je l’avais bien expliquée. J’ai écrit dedans, en gros : « Le ballon est en jeu. Même s’il a l’air de dormir. »
Le plus beau, c’est ce que Nicolas Lhoist a dit à la RTBF : « À Rochefort, on a le cœur. Et quand le cœur est là, on peut aller très loin. » Le cœur, c’est exactement ce que je mets sur ma composition quand il me manque un arrière gauche.
En face, Rik De Mil a assumé. « Ça ne tenait pas à la mentalité. Mais à certains moments, nous avons montré trop peu de qualité », a-t-il dit à Voetbalprimeur, avant d’ajouter : « Ce sont mes choix, donc je dois en être jugé. » Un mister qui dit ça en public, je respecte. Moi, mes choix, c’est le président qui les juge, au conditionnel.
Freddy, tu viens de comparer ta farde à un huitième de finale. Je pèse mes mots : c’est historique.
Rochefort connaîtra son adversaire des huitièmes après Saint-Trond contre Lommel, dimanche. J’ai déjà tourné une page vierge dans la farde. À un terrain plat près, hein.
Le fait est vrai, on a vérifié : DH Les Sports+.




