Alors, tactiquement, il faut regarder l’heure de jeu. La Turquie revient au score contre l’Italie à Bologne. 1-1. Et deux minutes plus tard, elle encaisse. Puis un troisième but. 3-1 au bout. Ces deux minutes-là, je les connais. Chez moi, on égalise, tout le monde se tape dans les mains, le back gauche va saluer sa belle-mère derrière la main courante, et le bloc est parti boire un café pendant que le ballon revient au milieu.
J’ai lu tout ça dans la DH, la farde ouverte sur la table de la cuisine. Quatrième défaite de suite pour la Turquie, la première fois depuis 1988. Zéro point sur douze pendant la trêve, une différence de buts de -9. Ça, je l’ai noté en rouge, parce que mon délégué me demandera la comparaison.
Après le match, Vincenzo Montella a demandé qu’on lui fasse confiance. Il a rappelé que l’objectif de la Turquie restait l’Euro. Et il a dit : « Le résultat n’est pas positif ». Moi, la tribune qui s’agite, je connais. Il a été sifflé par ses propres supporters, ils ont réclamé son licenciement. Le dimanche, j’ai trois personnes au bord du terrain, dont deux viennent pour la buvette, et je vous assure que quand elles soupirent, ça s’entend jusqu’au vestiaire préfabriqué.
Il y a une différence, je l’admets. Selon les médias turcs, son licenciement coûterait près de 5 millions d’euros à la fédération, et il est sous contrat jusqu’après l’Euro 2028. Mon contrat à moi, c’est une poignée de main avec le président, qui me prolongerait, paraît-il, si la buvette tourne bien. Il me prolongerait. Au conditionnel, comme toujours.
Les médias turcs citent déjà Fatih Terim et Nuri Sahin comme successeurs potentiels. Chez nous, le successeur potentiel, c’est le gardien de réserve, parce qu’il a un sifflet.
Freddy, la Turquie reçoit la Belgique le 12 novembre à Izmir. Tu peux garder ta compassion pour après, hein.
Elle a raison. Le 12 novembre, je regarderai l’heure de jeu, et surtout les deux minutes d’après.
Le fait est vrai, on a vérifié : DH Les Sports+.


