Les Rangers ont fait 2-2 à Dundee samedi soir. Ils menaient 2-1 grâce à une frappe de loin de Nicolas Raskin, et ils visaient une huitième victoire de suite. Puis Callum Jones a égalisé, sur une passe en retrait vers le gardien Ivor Pandur qui n’est pas arrivée.
Après le match, Derek McInnes a dit à BBC Sport, je traduis fidèlement : « On a commis une erreur sur l’égalisation de Dundee et ça a été comme un ballon qui éclate. »
Question bête, mais quel ballon ? J’ai ouvert mon carnet à l’onglet « images du foot ». Il y avait déjà « le groupe vit bien » et « les trois points ». J’ai ajouté « ballon qui éclate », avec un point d’interrogation.
Au début, j’ai cru qu’il parlait du ballon du match. Non. Le ballon du match allait très bien, il était au fond des filets. Le ballon qui éclate, c’est l’équipe. Elle était gonflée. Le coach dit qu’après la pause, elle a eu 25 minutes de domination, qui « montre de quoi l’équipe est capable ». Vingt-cinq minutes de gonflage, donc.
Au basket, quand ça éclate, on prend un temps mort, j’ai regardé. Là, j’ai compris que tout le monde avait simplement continué à jouer, dégonflé.
Et j’ai essayé, pour comprendre. Dans le train de 7 h 32, j’ai voulu rendre son bic à ma voisine sans regarder. Il a roulé sous la banquette. Elle m’a souri. Personne n’a parlé de ballon.
Derek McInnes a aussi dit : « Mais on ne peut pas aller à l’extérieur et devoir marquer trois buts pour gagner un match. » Et Derek Ferguson, toujours chez BBC Sport : « Si les Rangers veulent gagner des matchs dans ce championnat, ils ne peuvent pas jouer seulement 20 ou 25 minutes. » Deux Derek, deux durées presque pareilles. J’ai vérifié : ils parlent du même match.
En 1980, un ballon qui éclatait, on en changeait. On ne le racontait pas en conférence.
Le Celtic peut maintenant porter son avance à quatre points s’il bat Hearts dimanche à 15 h, heure britannique. Je ne sais pas encore si c’est une aiguille. Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : BBC Sport.


