Alors, tactiquement, c’est un changement de système. En Liga, les arbitres vont répondre aux chaînes dès la fin du match pour expliquer leurs décisions. Premier essai ce week-end, après le derby basque Athletic Bilbao-Real Sociedad, dimanche à 21h. DAZN et Movistar+ auront chacun leur entretien avec un arbitre : deux matchs en tout. Ensuite on élargit petit à petit, si ça tient.
J’ai lu ça le lundi, la farde ouverte sur le classement de P3, et j’ai pensé à mon dimanche. Chez nous, l’arbitre s’explique aussi après le match. À la buvette, devant une jatte de café, pendant que je le vouvoie. Moi, mon vestiaire, il n’a pas besoin de VAR : il a le délégué. Et le délégué a des questions.
La différence, c’est l’organisation. En Espagne, il y a un accord entre le syndicat des arbitres, l’AESAF, LaLiga et la Fédération espagnole. Et une enveloppe de 500.000 euros pour payer leur participation aux contenus des diffuseurs. Chez nous, l’arbitre repart avec son défraiement et un cornet de frites, pour le collectif.
Ce qui me plaît, c’est qu’ils parlent déjà avant le match depuis le début de la saison. Avant et après : c’est une causerie complète. Ça, je le mets en place le mardi. Enfin, quand ils sont onze.
J’imagine la phrase type. « J’ai revu les images, j’assume. » Je la connais, je la dis tous les lundis à mes joueurs, sauf que mes images, c’est le beau-frère du délégué qui filme avec son GSM, derrière le but, sur le terrain 2. La moitié du match est en pente, l’autre est hors cadre.
Un arbitre qui s’explique. On aura tout vu. Enfin, lui surtout.
Moi je dis : c’est le même métier qu’en P3, avec deux caméras de plus et un micro. À un terrain plat près, hein.
Le fait est vrai, on a vérifié : RMC Sport.




