Alors, tactiquement, Gennaro Gattuso vient de mettre en place le seul règlement intérieur honnête. L’entraîneur de la Lazio a dit en conférence de presse, avant Parme : « Je préfère l’honnêteté intellectuelle. Si quelqu’un me dit qu’il a bu un verre de trop ou qu’il est sorti le soir, d’accord, mais je ne laisserai personne gâcher une séance d’entraînement. La porte de mon bureau est toujours ouverte. » C’est rapporté par Football Italia.
J’ai lu ça avec ma farde ouverte sur la table de la cuisine, et j’ai eu un moment d’émotion professionnelle. Parce que la porte ouverte, moi aussi je l’ai. Mon bureau, c’est le vestiaire préfabriqué, et la porte ne ferme plus depuis l’hiver où elle a gelé. Les aveux, chez nous, arrivent le dimanche à trois heures moins le quart, en laçant les chaussures. Le GSM vibre, un gars me dit qu’il était à un baptême. Je note dans la farde. Honnêteté intellectuelle, colonne de gauche.
La différence, c’est la séance. Gattuso protège la séance. Moi, ma séance du mardi, je la protège aussi, enfin quand ils sont onze. Le reste du temps, je protège le ballon, parce qu’on n’en a que deux et que la buvette ne finance pas un troisième avant Noël.
Et j’aime sa phrase sur Parme : « Si on baisse le pied, Parme va nous infliger une correction dont on se souviendra. » La Lazio vient de gagner 3-0 chez la Juventus et il parle comme moi avant un déplacement en pente. Un mister qui a gagné 3-0 et qui a peur quand même, c’est un collègue.
Gagner 3-0 à Turin, c’est historique. Avoir peur de Parme après, c’est une honte. Je pèse mes mots.
Gattuso a repris la Lazio cet été et la voilà co-leader avec l’Inter. Moi, j’ai repris ma P3 quand le précédent est parti à la pêche. Le classement de lundi dira le reste. À un terrain plat près, hein.
Le fait est vrai, on a vérifié : Football Italia.


