Question bête, mais quand on marque dans un stade vide, on célèbre pour qui ?
J’ai ouvert mon carnet, onglet « célébrations ». Les faits d’abord. L’Union SG jouait « à domicile », mais sans ses supporters, dans un stade vide. Raul Florucz revenait de suspension. Il est entré après environ un quart d’heure, plus tôt que prévu, à la place de Mateo Biondic. Il a provoqué une faute dans la surface, il a tiré le penalty lui-même, il l’a mis. Et il a fêté son but.
« J’ai célébré mon but comme s’ils étaient là », a-t-il dit à Sporza. J’ai relu trois fois. Donc il a fêté son but pour des gens absents, exactement comme s’ils étaient présents. J’ai demandé à la rédaction si c’était normal. Freddy a dit oui. Marcel a dit non. Nadine a dit « historique ». J’ai vérifié, et en fait personne ne sait.
Ce que j’ai compris : une célébration, c’est un message. Et Florucz a envoyé le message quand même, sans destinataire visible. Comme une carte postale postée vers une adresse qu’on connaît par cœur. Je trouve ça plutôt gentil.
Deuxième onglet, « penalties ». Il a estimé que c’était un penalty « à cent pour cent ». J’ai demandé combien de pour cent ont d’habitude les penalties. On m’a répondu que ça dépend du club pour lequel on est. D’accord, mais encore ?
Il a aussi dit : « On s’attendait à un match difficile, dans des circonstances particulières, sans nos supporters. Cette victoire fait donc du bien. » Et puis : « C’est mon boulot. » Je n’ai pas su à quelle question ça répondait, alors je l’ai noté tel quel, dans un onglet à part.
On célébrait pour le public. Sans public, on célèbre pour la caméra. Enfin. C’est l’époque.
J’ai noté la réponse de Marcel, et à côté celle de Florucz. Elles ne disent pas la même chose. L’Union a 7 points sur 9 et elle est bien placée en Europa League. Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : Voetbalkrant.



