Question bête, mais comment on entend quelque chose à moitié ?
Je reprends. Manchester United a perdu 2-0 mardi sur le terrain de l’Atlético de Madrid, en Ligue des champions. Après le match, le défenseur Lisandro Martínez a dit attendre plus d’investissement et plus du directeur technique, Jason Wilcox. Il a même répondu « 100 % » quand on lui a demandé s’il en voulait davantage. Ça, c’est clair. J’ai noté dans l’onglet « phrases claires », qui est le plus fin du carnet.
Ensuite, on a demandé à l’entraîneur, Michael Carrick, ce qu’il en pensait. Il a déclaré, selon The Guardian : « Je n’ai pas vu l’interview. J’en ai à moitié entendu parler. Je pense que ce sont un peu les émotions du match. » Puis il a dit ne pas pouvoir commenter davantage.
À moitié. J’ai essayé dans le train de 7 h 32. J’ai écouté une conversation derrière moi en ne gardant qu’une oreille. Résultat : j’ai compris « investissement » et « Wilcox ». Ce qui est, en fait, exactement le cœur de l’interview. Donc entendre à moitié, c’est entendre l’essentiel et pouvoir dire qu’on n’a rien entendu. Je creuse.
Et il y a un troisième niveau. Youri Tielemans, coéquipier de Martínez, a refusé de réagir, selon Sporza. Donc on a quelqu’un qui dit tout, quelqu’un qui a entendu la moitié, et quelqu’un qui ne dit rien. On m’explique que c’est comme ça depuis toujours, d’accord, mais encore ?
De mon temps, on n’entendait rien du tout. Le journal arrivait le lundi. C’était plus reposant.
Martínez a aussi parlé d’un « miroir » de l’état du club. J’ai pris le mot au pied de la lettre : un miroir, c’est quand ce qu’on voit, c’est soi. United n’a gagné que deux fois cette saison, la dernière le 10 septembre contre Sabah FK. Et il a défendu Carrick, qui « fait de son mieux ». Lui, au moins, a entendu l’interview en entier, je suppose.
Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : The Guardian.



