Alors, tactiquement, je connais ce système. Cristiano Ronaldo a été désigné « Ballon d’Or of All Time » devant Lionel Messi, par un vote en ligne des spectateurs pendant le gala. Chaque vote coûtait 1 euro, l’organisateur est France Football, et des tickets pour le prochain gala ont été tirés au sort parmi les votants. Ça, chez nous, ça s’appelle la tombola de la buvette. Un euro le billet, et le jambon au tirage.
J’ai lu le classement avec ma jatte de café, avant la séance. Ronaldo gagne avec son Ballon d’Or de 2008, Messi est deuxième avec celui de 2012. Les deux prennent les 12 premières places. Ronaldo Nazário est 13e, Cruijff 17e, Beckenbauer 19e. Beckenbauer, le libéro. Dix-neuvième. Moi, mon libéro, je le mets au milieu du 4-4-2 et il ne dit rien.
Il y avait une règle d’entrée : seuls les joueurs ayant gagné le Ballon d’Or plus d’une fois étaient nominés. Platini, Van Basten, Rummenigge, tout ce beau monde. C’est comme notre élection du joueur de l’année : il faut avoir joué deux matchs. Ça élimine déjà la moitié du vestiaire.
Et la suite m’a fait poser ma farde. Plus de 5.000 personnes auraient voté plus d’une fois, et 300 plus de cinq fois. En 48 heures. Chez nous, le délégué tient la liste et on vote à main levée. Moi, mon vestiaire, il n’a pas besoin de France Football : il a le délégué.
Question bête, mais le jambon de la tombola, il a été élu par qui ?
L’article parle d’un sondage de popularité et d’un prix un peu contesté. Je ne conteste rien. Je note juste que si on vend des votes à un euro, notre buvette tient là son prochain mercato : un ballon et un jeu de chasubles. Harry Kane, lui, a reçu le vrai Ballon d’Or lundi. Sans tombola.
Le fait est vrai, on a vérifié : HLN.



