Alors, tactiquement, il faut d’abord parler de la convocation. L’Argentine a battu le Burkina Faso 7-0 en amical, à Buenos Aires, dans la nuit de samedi à dimanche. Mais le match s’est joué avant, au téléphone.
Je résume ce que j’ai lu. Le Burkina était en escale au Maroc après sa victoire 1-0 contre la Centrafrique, en qualifications pour la CAN 2027. Des vols annulés ont retardé l’équipe première. Selon RMC Sport, tous les joueurs sauf un ont décidé de ne pas s’envoler pour Buenos Aires ; selon le journaliste indépendant Romain Molina, ils jugeaient les conditions de voyage indignes. La Fédération, elle, ne pouvait pas annuler pour des raisons contractuelles, selon FasoSports cité par RMC Sport. Alors elle a fait annuler le match de ses U23 contre le Mali et elle a envoyé les jeunes.
Ça, je connais. Pas le contrat avec l’Argentine, hein. La farde. Le dimanche matin, quand il me manque quatre gars, j’ouvre ma farde de compositions et je commence les coups de fil, avec le GSM qui vibre et la jatte de café qui refroidit. La différence, c’est que moi je ne dois annuler personne pour remplir mon onze. Je n’ai pas d’U23. J’ai le fils du délégué.
Sur le terrain, l’Argentine, sans Lionel Messi mais avec Julián Alvarez, Lautaro Martinez et Enzo Fernandez, menait 3-0 après douze minutes et 5-0 avant la pause. Deux buts encore en seconde période. Moi, je dis que ces jeunes ont fait le voyage et ont joué le match, pour qu’il ait lieu. Le collectif, c’est ça aussi.
Un match qu’on ne peut pas annuler. En 1980, on appelait ça une obligation, pas un amical.
L’Argentine affronte maintenant le Bénin mardi prochain au Monumental, un match présenté comme les adieux du peuple argentin à Lionel Messi. Moi, mardi, j’ai entraînement. Enfin, quand ils sont onze.
Le fait est vrai, on a vérifié : VoetbalPrimeur.be.


