Question bête, mais à quoi sert le joueur en conférence de presse ? J’ai ouvert l’onglet « rituels » de mon carnet pour celle de Como, mardi soir vers sept heures, avant le match contre Feyenoord en Ligue des champions.
Il y a deux chaises. Sur l’une, Cesc Fàbregas, l’entraîneur. Sur l’autre, Martin Baturina, joueur croate, assis à côté de lui. Une nouvelle question arrive. Elle va à Fàbregas. Il a répondu en riant : « Je tiens quand même à vous faire remarquer que je ne joue pas demain soir, hein », selon la NOS.
J’ai noté. Donc on amène le joueur, on l’assied, et on interroge celui qui ne joue pas. On m’explique que c’est comme ça depuis toujours, d’accord, mais encore ? J’ai cherché une règle qui dit qui reçoit les questions. J’ai vérifié, et en fait personne ne sait.
Pour être juste, Fàbregas avait des choses à dire. Como est monté de la Serie C à la Serie A, il a terminé quatrième, le club a battu le RB Leipzig pour ses débuts dans la compétition. Il a dit : « Pour Como, jouer la Ligue des champions est un rêve. Mais maintenant que nous y sommes, nous voulons quand même signer un résultat. » Il s’est beaucoup amusé à revoir les matches de Feyenoord. Il a regardé les Pays-Bas de Xavi, son ancien coéquipier à Barcelone : « Xavi est un bon ami. J’ai regardé avec beaucoup d’intérêt les derniers matches de Nations League. Nous, Catalans, devons évidemment beaucoup aux Pays-Bas. »
Ce qui me reste, c’est Martin Baturina, assis à côté de l’entraîneur, disponible. Comme les remplaçants à l’échauffement en chasuble, mais au chaud.
Avant, on interrogeait les joueurs. Ils ne disaient rien. C’était plus honnête.
J’ai préparé une question pour Martin Baturina, au cas où on me tend un micro un jour. Elle est dans l’onglet « questions pour les joueurs ». Il est vide à part elle. Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : NOS.




