Question bête, mais « jusqu’ici », c’est où ?
Le Portugal a battu le Danemark 4-2 à Copenhague. Après le match, le sélectionneur Jorge Jesus a dit que c’était « notre meilleur match jusqu’ici », d’après la NOS, qui le cite en néerlandais. J’ai traduit dans le train de 7 h 32, deux fois, pour être sûre. Puis j’ai ouvert un onglet dans mon carnet : « jusqu’ici ».
J’ai d’abord pensé que c’était un lieu. Copenhague, peut-être. Mais on m’explique que c’est une expression d’entraîneur, et qu’elle veut dire que le prochain match peut être encore meilleur. Ou moins bon. Personne n’a su me dire de combien. J’ai vérifié, et en fait personne ne sait.
Il y a un deuxième onglet. Jorge Jesus n’a pas voulu parler de Cristiano Ronaldo. Avant, il avait expliqué ne pas l’avoir aligné « pour des raisons tactiques ». Ronaldo a quitté le camp mercredi soir, juste après une conférence de presse du sélectionneur, et a écrit sur Instagram qu’il dirait « la vérité en temps voulu ». J’ai noté « temps voulu » sous « temps additionnel ». Même problème : on ne sait pas combien.
Troisième onglet, les panneaux. Il y en a dans plusieurs endroits du pays, près du stade de Benfica et du siège de la fédération, avec « Merci Cristiano Ronaldo, pour toujours notre capitaine ». J’ai demandé si « pour toujours » était plus long que « jusqu’ici ». On m’a répondu oui. Je l’ai souligné.
Selon des médias portugais et espagnols, la fédération cherche maintenant un « adieu respectueux et digne ». Selon Marca, Jesus et le président de la fédération ont essayé mercredi soir, à l’aéroport, de faire changer Ronaldo d’avis, sans succès.
Récapitulatif du carnet : un meilleur match jusqu’ici, une vérité en temps voulu, un capitaine pour toujours. Trois mesures du temps, aucune avec une date.
Le fait est vrai, on a vérifié : NOS.




